De quoi s’agit-il
- Augmentation du taux d’autosuffisance net de 46 à au moins 70 pour cent
- Orientation de la consommation vers une alimentation végétale plutôt qu’animale
- Renonciation à la protection des plantes et aux semences modernes au profit de l’eau potable, de la biodiversité et de la fertilité des sols
- Respect des valeurs maximales fixées dans les objectifs environnementaux pour l’agriculture (OEA)
- Atteinte des objectifs dans les dix ans suivant l’adoption de l’initiative
Évaluation du point de vue du groupe industriel agricole
L’initiative mène directement à une obligation de culture avec des garanties d’achat étatiques et un diktat des prix, ainsi qu’à une mauvaise allocation des ressources et à une dépendance accrue aux importations. Elle affaiblit ainsi la sécurité alimentaire et restreint massivement la liberté économique et de choix. Le conflit d’objectifs entre une nature intacte, la production agricole et la liberté de choix et économique ne serait pas résolu, mais aggravé par l’initiative alimentaire. L’initiative illustre ainsi de manière exemplaire le dilemme du système agricole et alimentaire suisse, pris entre la durabilité sociale, écologique et économique.
Le système agricole et alimentaire suisse n’a pas besoin d’autres expériences radicales, mais d’améliorations ciblées pour assurer une production végétale diversifiée et résiliente de produits agricoles. L’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) concrétise actuellement l’orientation future de la politique agricole à partir de 2030+. Il est incertain que le grand coup réussisse, mais cela met une chose en évidence : dans les systèmes complexes, les solutions simples fonctionnent rarement. Une chose est claire : compte tenu des finances tendues et de la situation économique incertaine, l’agriculture et l’industrie alimentaire doivent s’orienter encore plus vers le marché et la volonté de payer des client·e·s.
Toute forme d’agriculture nécessite une protection des plantes
La culture de plantes protéagineuses pour l’alimentation humaine en Suisse est très exigeante. Peu de fournisseurs de niche spécialisés peuvent s’imposer face à la concurrence étrangère grâce à des produits haut de gamme et échapper à la pression des prix. Si la culture de grandes cultures destinées à la consommation humaine directe en Suisse doit atteindre un taux d’autosuffisance de 70 %, la protection des plantes, y compris le traitement des semences, doit être renforcée et la recherche et l’homologation de semences modernes doivent être massivement développées. L’initiative veut le contraire et ignore les faits.
Aujourd’hui déjà, les producteurs de fruits et légumes en particulier souffrent du manque de possibilités de protection contre les ravageurs et les maladies des plantes. C’est notamment la conséquence d’un système d’homologation complexe. Les oppositions dans le cadre du droit de recours des associations mobilisent des ressources et ralentissent considérablement l’homologation de produits phytosanitaires efficaces, tant en agriculture biologique que conventionnelle. C’est ici que le conflit d’objectifs de l’initiative, qui vise une augmentation des denrées alimentaires végétales pour l’alimentation humaine tout en limitant les moyens nécessaires à cet effet, devient particulièrement évident.
L’initiative contredit le mandat constitutionnel d’une production efficace en ressources
La présente initiative exige des adaptations du système agricole et alimentaire sans prendre en compte l’ensemble des défis et des conflits d’objectifs. Un dialogue social ouvert est nécessaire sur les conséquences d’un manque de possibilités de protection, tant pour l’agriculture locale que pour la sécurité alimentaire. Le conflit d’objectifs entre les avantages et les risques de la protection des cultures doit être discuté sur une base scientifique et en tenant compte de toutes les dimensions de la durabilité. Cela créerait la base pour élaborer, au-delà des frontières idéologiques, de véritables solutions pour un système agricole et alimentaire résilient et durable. L’initiative alimentaire est cependant loin de satisfaire à cette exigence. Au contraire : elle ignore complètement l’efficacité des ressources exigée par la Constitution fédérale (= rendement d’un produit par rapport aux ressources utilisées telles que le capital, le travail, les matières premières ou les surfaces agricoles) et exige à la place davantage de fonds publics pour la transformation qu’elle réclame. Mais l’agriculture a besoin de plus de marché et non de moins – afin de pouvoir vivre autant que possible de sa propre production et de contribuer à une utilisation plus efficace des fonds fiscaux.
Recommandation de vote : Rejet de l’initiative
Justification :
- L’initiative porte massivement atteinte à la liberté de choix et à la liberté économique.
- Les interventions étatiques sur le marché entraînent des allocations erronées et une utilisation inefficace des fonds fiscaux.
- Les objectifs d’expansion de la culture des plantes sans protection efficace des plantes sont irréalistes et mettent en danger les habitats naturels en raison du besoin supplémentaire de surfaces cultivables.
- La recherche et le développement dans l’amélioration végétale moderne et la protection des plantes sont freinés plutôt que favorisés par le principe de précaution rigide.
- L’efficacité des ressources ainsi que les objectifs de durabilité économique et sociale sont complètement ignorés au profit des objectifs écologiques.
Le groupe industriel Agriculture réunit des spécialistes dans le domaine de l’homologation et de la mise sur le marché de produits phytosanitaires des entreprises BASF, Bayer, Leu+Gygax, Omya, Stähler Suisse et Syngenta. Le groupe s’engage en faveur de solutions innovantes et respectueuses de l’environnement dans le domaine de la protection des plantes.